Warning: md5_file(local/cache-js/jsdyn-mediaspip_player_lang_js-cd2e693e.js.last): failed to open stream: No such file or directory in /usr2/home/corrid20/public_html/ecrire/inc/filtres.php on line 3145
"Un Corridor sans nouvelle infection, sans discrimination, sans décès lié au VIH
et sans entrave à la libre circulation des personnes et des biens ."
Idrissa Koné (OCAL) : "le SIDA a baissé de 47% sur le corridor Abidjan-Lagos"

En marge d’une visite de travail avec le DG d’ACTUROUTES, le Secrétaire exécutif de l’Organisation du corridor Abidjan-Lagos (OCAL) a livré un bilan de l’institution pensée par les Chefs d’Etat de la CEDEAO. Idrissa Koné a affirmé que des progrès ont été faits mais « le travail doit continuer ».

L’OCAL a une mission de prévention du SIDA et d’amélioration de la fluidité des transports. Pouvez-vous nous dire en deux mots ce qui a déjà été fait ?

En fait nous travaillons sur la santé publique. Notre vision est de faire d’Abidjan à Lagos un corridor de développement impulsé par une population en bonne santé, qui jouit de ses droits et qui circule librement avec ses biens. La santé ici est dans un aspect plus global. Il s’agit précisément de sécurité humaine. Il faut que la personne soit physiquement et psychologiquement au point. Sur l’espace où transitent des biens, doivent résider des populations en bonne et dans la prospérité. A l’origine, il n’y avait pas de traitement sur le SIDA. Ceux qui payaient le plus gros tribut à cette maladie sont les transporteurs parce qu’ils peuvent quitter leurs familles et rester sur les routes durant un mois. Pendant cette période, ils ont des besoins biologiques et physiologiques. Et souvent ces besoins ne sont pas satisfaits dans des conditions de sécurité. Ces acteurs étaient infectés et infectaient leurs familles, favorisant la propagation du VIH SIDA. Les Chefs d’Etats ayant vu la gravité du problème ont décidé de le résorber. Aujourd’hui nous sommes heureux d’annoncer que depuis 2005 on a pu réduire de 47% la prévalence du VIH SIDA chez les camionneurs. Chez les professionnels du sexe la prévalence est passé de 18% à 8%. Au niveau des populations résidentes, les études montrent qu’elles ont une bonne connaissance du SIDA à plus de 90%. Et une utilisation à plus de 80% des moyens de prévention. Mais le travail doit se poursuivre.

Qu’est ce qui rend ce corridor si important ?

Ce corridor relie cinq grandes capitales (Abidjan, Accra, Lomé, Cotonou, Lagos). Des capitales qui renferment des ports et qui pèsent pour plus de 75% des activités économiques. Tout ce qu’on fera pour le bien-être des populations de ces cinq pays va rejaillir sur l’ensemble de l’espace sous-régional ouest-africain. Si on ne fait rien, les conséquences négatives seront également ressenties sur l’ensemble de l’espace.

Parlez-nous des activités sur le volet du transport

Avec la Banque Mondiale et la CEDEAO, les Chefs d’Etats ont convenu que, vu notre présence et note expérience, nous devons fonctionner comme un observatoire. Nous observons donc un ensemble d’indicateurs. Il s’agit de la collecte de données sur la durée de temps des marchandises aux différents ports. C’est-à-dire combien de temps met une marchandise depuis son déchargement jusqu’à la sortie. Un indicateur de performance des ports. On collecte également les informations sur le temps de passage aux frontières. Plus le chargement dure à la frontière, plus les douanes peuvent être taxées de tatillonnes. On a aussi les données sur le nombre de barrages par intervalle de 100km. Les Etats ont convenu qu’il y ait un maximum de 2 voire 3 barrages. Mais certains pays en comptent 20 ou 25. Dieu merci, on assiste depuis 2011 à une tendance baissière. En côte d’ivoire on est à entre 5 et 6. Nous étions à 20 dans la période de crise. Au Togo, on est limité à 2. Les Etats fonts des efforts pour diminuer les tracasseries et freins à libre circulation. Chaque 6 mois ont tient des réunions avec les acteurs concernés par la libre circulation et la facilitation des transports. Chacun voit ce qu’il y a à faire pour améliorer ses performances. Aujourd’hui le Port d’Abidjan est en tête des 5 ports avec un maximum de temps de 11 jours. Mais on est encore loin des performances des autres ports en Afrique de l’Est ou australe. Mais je pense qu’avec le travail que nous effectuons ensemble nous pouvons réduire ce temps de moitié et atteindre les 4 ou 5 jours.

Quels sont les aménagements prévus sur le corridor ?

Les Chef d’Etats ont décidé de transformer ce corridor en une autoroute de 2X3 voies. Les études sont en cours. La Banque Africaine de Développement (BAD) a accepté un financement. Je suppose que certains des anciens tracés seront maintenus. Mais il y a déjà une amélioration sur le temps de parcours le long du corridor. Il est possible de faire la liaison Abidjan-Cotonou en moins de 24 heures. Mais avec une autoroute d’ici 5 à 6 ans, la circulation sera encore bonifiée.

Qu’est-ce qui sera fait dans les jours à venir ?

C’est le but de ma visite ici. L’OCAL a fait du bon travail depuis plus de 15 ans en termes de collectes de données et de sensibilisation. Mais le travail est méconnu du grand public. D’où la recherche d’une synergie avec ACTUROUTES qui fait du bon travail en matière de TIC. Nous verrons comment mener ensemble un partenariat pour améliorer ce qui est fait et rendre ce corridor intelligent avec le recours aux solutions de paiement électroniques. On pourra ainsi améliorer l’information au niveau du fret. Ce sont des choses possibles avec les TIC de sorte à avoir une circulation optimum et diminuer la pression sur la route. Un opérateur qui est informé de la date exacte de l’arrivée de sa marchandise au port, par exemple, est épargné des risques de passer des nuits au port. Sur ce terrain ACTUROUTES a des solutions électroniques au sujet desquelles nous avons discuté avec le DG, Barthelemy Kouamé. C’est pour nous un partenariat qui nait et nous ferons en sorte de le renforcer.

Source